Le Yunnan
Une beauté toute orientale assise au fond du bistro.
Un béret bourgogne, les lèvres de couleur assortie.
Tableau magnifique.
Nouvelle génération d’enfants gâtés, insolente génération.Nous sommes au Yunnan, extrême sud ouest de la Chine, province frontalière du Tibet, du Laos, du Vietnam et de la Birmanie.
Le Yunnan, rêvons un peu…
Si on commençait par la genèse?
Le sous continent indien s’engouffre sous la plaque eurasienne, la chaîne de l’Himalaya s’élève lentement, quelques centimètres par année.
Le climat, l’altitude et l’eau régissent tout ce qui s’installe de végétation, d’animaux et d’humains.
Et ici, il y a plus d’espèces de plantes d’origine tropicale, subtropicale, tempérée et froide que n’importe quelle autre province chinoise.D’ailleurs, hier, en randonnée, j’ai vu la gentiane, l’edelweiss et l’iris délicat.
Vue d’avion, j’ai aperçu les vallées immenses, profondes, vertes, traversées par tant de cours d’eau, fleuves et rivières.
En 2001, Le gouvernement chinois, dans toute sa grandeur et afin d’attirer plus de touristes a rebaptisé Le district de Zhongdian et l’a appelé Shangri-La.
Textuellement, paradis, éden, société parfaite, imagine ce que vous voulez d’idéal et de grandiose, c’est ici.
A l’est des plus grands sommets de la planète, le Yunnan, en Chine.
Nous sommes venus à temps…
A la bordure de la ville ancienne, les grues innombrables s’activent pour construire un centre de villégiature de grand calibre: vous y trouverez les Louis Vuitton, Bulgari et autres Chanel. Ce ne sera pas des faux, ils attirent l’argent.
Un Grand Hyatt s’en vient, des appartements luxueux à vendre.
Un développement galopant!Un terrain de golf, un téléphérique moderne qui amène les touristes en haut, à 15 milles pieds, petite bonbonne d’oxygène design pour madame.
Les chinois prennent conscience de la richesse de la région, mais croissance économique oblige aussi décroissance écologique, j’ai bien peur.
Comment réagira cette nature exceptionnelle avec la venue de tant de projets grandiloquents.Nous sommes témoins de scènes qui ne passeront pas la prochaine génération: les marchés du matin, gens âgés ( très) en costume traditionnels, bicycles modifiés pour transporter de grosses charges, salubrité un peu douteuse, selon nos normes occidentales, mais odeurs d’épices et cris des vendeurs de légumes qui mettent nos sens en mode primitif…
Et dans les champs, culture de tous les légumes possibles! Peu de mécanisation, tout à la main, les saisons occupent les habitants.On apporte la ville et ses obligations commerciales dans une région qui mériterait plus de respect.
Demain, le vol pour le Guanxi. Rizières, pics karstiques et la rivière Li.