Tôt le matin, les maraîchers s’amenant, tous véhicules possibles pour transporter leurs récoltes…
On y a vu une quantité incalculables de végétaux.
En voulez- vous des choux chinois, des bok choi de tous formats et teintes de verts, courgettes, laitues, carottes, tarot, aubergines tant de fines herbes fraîches, j’ai senti le basilic, la coriandre, les piments et le safran.
Pommes de terre? Plein de variétés, des grosses, des jaunes, des roses, des longues, des beautés! Sûrement des variétés d’origine. Monsanto n’est pas encore ici, espérons…
Petites échoppes, des fois, minuscules, quelque fois à même la petite charrette attachée derrière le vélo ou la vieille moto
Femmes habillées en costume traditionnels NAXI, pas pour épater les touristes, je vous le garantie.
Les clientes portent le petit panier accroché dans le dos, les marchandes y déposant directement les achats.Vraiment, un bonheur pour les yeux et le nez, je jouis de chaque parfum, je pince un petit bout de feuille des herbes inconnues pour moi, les marchands rient je crois!
J’ai photographié tous les légumes, une thérapie pour mon esprit, même si Michel m’a demandé si je voulais faire une thèse de doctorat sur la culture maraîchère dans le sud ouest de la Chine contemporaine!
300 images de légumes à vous montrer, ça vous tente?Les œufs, on pourrait en faire une exposition d’œuvre d’art, tellement ils sont beaux, différents et colorés.
Est- ce que j’ose vous parler de la boucherie gigantesque…
Les carcasses doivent arriver non débitées, les bouchères sont à l’œuvre avec haches et grands couteaux.
Les viscères, dans toute leur sensualité pendent négligemment des comptoirs blancs. Encore presqu’une œuvre d’art…des DALI!Je n’ai pu rester très longtemps dans cette partie du marché, pas fait beaucoup de photos non plus, la scène, trop obscène pour moi.
J’aimerais terminer sur une plus belle note, pour vous dire combien cette diversité m’a comblée…combien je souhaite que ce patrimoine soit conservé, malgré tout le grand chamboulement qui s’en vient dans cette région magnifique.
Archives quotidiennes :
Yunnan, impressions de Julie
Le Yunnan
Une beauté toute orientale assise au fond du bistro.
Un béret bourgogne, les lèvres de couleur assortie.
Tableau magnifique.
Nouvelle génération d’enfants gâtés, insolente génération.Nous sommes au Yunnan, extrême sud ouest de la Chine, province frontalière du Tibet, du Laos, du Vietnam et de la Birmanie.
Le Yunnan, rêvons un peu…
Si on commençait par la genèse?
Le sous continent indien s’engouffre sous la plaque eurasienne, la chaîne de l’Himalaya s’élève lentement, quelques centimètres par année.
Le climat, l’altitude et l’eau régissent tout ce qui s’installe de végétation, d’animaux et d’humains.
Et ici, il y a plus d’espèces de plantes d’origine tropicale, subtropicale, tempérée et froide que n’importe quelle autre province chinoise.D’ailleurs, hier, en randonnée, j’ai vu la gentiane, l’edelweiss et l’iris délicat.
Vue d’avion, j’ai aperçu les vallées immenses, profondes, vertes, traversées par tant de cours d’eau, fleuves et rivières.
En 2001, Le gouvernement chinois, dans toute sa grandeur et afin d’attirer plus de touristes a rebaptisé Le district de Zhongdian et l’a appelé Shangri-La.
Textuellement, paradis, éden, société parfaite, imagine ce que vous voulez d’idéal et de grandiose, c’est ici.
A l’est des plus grands sommets de la planète, le Yunnan, en Chine.
Nous sommes venus à temps…
A la bordure de la ville ancienne, les grues innombrables s’activent pour construire un centre de villégiature de grand calibre: vous y trouverez les Louis Vuitton, Bulgari et autres Chanel. Ce ne sera pas des faux, ils attirent l’argent.
Un Grand Hyatt s’en vient, des appartements luxueux à vendre.
Un développement galopant!Un terrain de golf, un téléphérique moderne qui amène les touristes en haut, à 15 milles pieds, petite bonbonne d’oxygène design pour madame.
Les chinois prennent conscience de la richesse de la région, mais croissance économique oblige aussi décroissance écologique, j’ai bien peur.
Comment réagira cette nature exceptionnelle avec la venue de tant de projets grandiloquents.Nous sommes témoins de scènes qui ne passeront pas la prochaine génération: les marchés du matin, gens âgés ( très) en costume traditionnels, bicycles modifiés pour transporter de grosses charges, salubrité un peu douteuse, selon nos normes occidentales, mais odeurs d’épices et cris des vendeurs de légumes qui mettent nos sens en mode primitif…
Et dans les champs, culture de tous les légumes possibles! Peu de mécanisation, tout à la main, les saisons occupent les habitants.On apporte la ville et ses obligations commerciales dans une région qui mériterait plus de respect.
Demain, le vol pour le Guanxi. Rizières, pics karstiques et la rivière Li.